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Entreprise Gonthier Paysages (73) : témoignages sur l’apprentissage

Christophe Gonthier - Chef d’entreprise - Entreprise Gonthier Paysages (73)

Je recherche un réel engagement à l’entrée : si les jeunes sont réellement impliqués, ils apprennent très vite.

J’apprécie le fait de leur apprendre le métier, de voir leur progression au fur et à mesure des semaines.

 


Pouvez-vous nous parler de votre entreprise ?

L’entreprise Gonthier a été créée en 1974 par mon père. Elle était plutôt orientée sur la production de pépinières mais maintenant nous travaillons essentiellement sur le secteur du paysage. Elle compte aujourd’hui 40 personnes y compris les apprentis : 33 personnes en paysage et 7 personnes dans le secteur de la piscine.

Quel est votre parcours ?

Après un bac général scientifique, j’ai opté pour un BTSA Aménagement paysager que j’ai réalisé en Bretagne. Ensuite, j’ai repris l’entreprise avec mon frère qui a, lui aussi, une formation en aménagement paysager.

Quels types de travaux réalisez-vous ?
Nous proposons une grande palette de travaux. Comme le dit notre slogan, “créateur d’espace extérieur”, nous réalisons des aménagements d’extérieur qui sont des projets d’ensemble, comme la restructuration de jardins, de places publiques... Nos clients sont aussi bien des particuliers (40 % des clients) que des collectivités ou des projets de résidences collectives (60 % des clients).
Pour les projets collectifs, nous travaillons souvent pour des aménagements de places, de parcs, de placettes... dans les villes ou villages. Nous créons de vrais jardins urbains, nous mobilisons toute une palette de travaux : terrassement, plantations, engazonnement, murets, dallages... Nous travaillons beaucoup avec des architectes urbains.
Pour les particuliers, nous réalisons des aménagements complets pour des nouvelles maisons ou des jardins en restructuration. Nous construisons également des piscines, intégrées dans le jardin. C’est un élément de l’aménagement global.
En plus de l’aménagement et de la création, nous réalisons aussi de l’entretien d’espaces verts dans des résidences ou des entreprises. Cela correspond à 25 % de notre activité.
Comme nos travaux sont très variés, les salariés ne sont jamais “mono-tâche” : nous prônons la polyvalence chez Gonthier.

Combien d’apprentis avez-vous dans l’entreprise ?

Nous accueillons actuellement une jeune apprentie ingénieure de l’ITIAPE (Institut des techniques de l’ingénieur en aménagement paysager de l’espace).
Et nous avons 5 apprentis en CAPA, Bac pro et BTSA. Ils viennent pour la plupart des établissements de La Motte Servolex, de Poisy et St Ismier.
Nous prenons également des jeunes en stage, qui suivent des bac pro ou des BTSA en formation scolaire au lycée horticole du Bocage de Chambéry.

Qu’est-ce qui vous motive à prendre un jeune en apprentissage ?
Je prends beaucoup de jeunes en apprentissage parce que j’apprécie le fait de leur apprendre le métier, de voir leur progression au fur et à mesure des semaines. J’aime aussi leur apprendre l’esprit d’équipe, c’est indispensable pour mener un projet... Une entreprise, c’est un collectif, une équipe. Apprendre en entreprise, c’est la pratique, c’est “la vraie vie”...
Avec les chefs d’équipe, nous les emmenons au bout de leur apprentissage. À la fin de leur formation, ils savent travailler, ils ont acquis l’autonomie nécessaire. Je ne cherche pas à recruter des jeunes qui savent déjà travailler mais surtout des jeunes qui ont l’envie d’apprendre. C’est pour cela que je reçois individuellement tous les candidats qui se présentent pour parler de leurs motivations pour ce métier, de leurs projets... Je prends en apprentissage ceux qui ont vraiment envie d’avancer. Je recherche un réel engagement à l’entrée : si les jeunes sont réellement impliqués, ils apprennent très vite.

Par qui les jeunes sont-ils encadrés ?
Chaque apprenti a son maître d’apprentissage, mais ils sont aussi amenés à travailler avec d’autres chefs d’équipe qui encadrent d’autres chantiers. Cela leur permet de toucher à tout type de travaux, de voir toutes les facettes du métier.


Thomas Pillet - Maître d’apprentissage

J’aime apprendre le métier aux jeunes, leur transmettre des connaissances et le savoir-faire.

Selon son niveau et sa progression, il peut faire davantage de choses seul.

 

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel ?
J’ai fait un Bac pro Aménagement paysager en apprentissage dans l’entreprise Gonthier Paysages, il y a une dizaine d’années. Je m’y suis beaucoup plu et j’ai été embauché dans l’entreprise à la fin de mon contrat d’apprentissage. Depuis, je suis salarié dans l’entreprise en tant que chef d’équipe.

Comment vivez-vous votre rôle de maître d’apprentissage ?

On m’a demandé si je souhaitais être maître d’apprentissage. J’ai été tenté par le fait de prendre un jeune sous mon aile et j’ai tout de suite accepté. J’aime apprendre le métier aux jeunes, leur transmettre des connaissances et le savoir-faire. Les accompagner et les voir progresser est quelque chose que j’apprécie vraiment.

Quelles tâches sont confiées au jeune ?
Le jeune, s’il est majeur, peut presque tout faire sauf utiliser la tronçonneuse. Selon son niveau et sa progression, il peut faire davantage de choses seul. Julien est en 3ème année, il est maintenant très à l’aise avec les différents travaux alors je lui fais confiance. Au fil des semaines, il prend de plus en plus son autonomie.


Comment êtes-vous en lien avec le centre de formation ?

Chaque jeune a un formateur référent. La formatrice de Julien vient le voir sur les chantiers. Il y a aussi des réunions et des formations de maître d’apprentissage qui sont organisées. Je suis déjà allé à ce genre de réunion pour un autre apprenti. Nous sommes aussi en relation avec le centre grâce au carnet de liaison. A chaque période d’alternance, il est rempli par moi-même ou par les autres chefs d’équipe qui sont amenés à encadrer Julien sur les chantiers. Nous notons toutes les tâches qu’il réalise en entreprise, en lien avec les thématiques abordées par le centre de formation, nous indiquons son évolution dans l’apprentissage du métier, ses difficultés…

Julien Bernard-Colombat - Apprenti en Bac Pro Aménagement paysager

Ce n’est pas toujours facile de retourner à l’école après avoir été sur le terrain. Cela prend toujours du temps pour s’habituer de nouveau aux cours.

 

Comment t’est venu cet intérêt pour le domaine du paysage ?
Ce sont mes cousins et des voisins qui sont dans ce milieu qui m’ont transmis le goût pour ce secteur. Mes parents, eux, ne sont pas du tout dans ce domaine : ma mère est comptable et mon père mécanicien. Mais j’ai toujours aimé être dehors, je voulais travailler en extérieur. C’est aussi un métier qui permet de toucher à différents types de travaux, la palette est très large. J’apprécie cette polyvalence de l’aménagement paysager, on ne s’ennuie jamais !

Pourquoi avoir choisi ce centre de formation et cette entreprise ?

Le CFPPA de La Motte proposait la filière qui m’intéressait et ce n’était pas très loin de chez moi. C’est pratique car je peux rentrer tous les soirs à la maison. Quant à l’entreprise Gonthier, je la connaissais déjà avant d’y faire mon apprentissage. J’avais déjà eu des contacts auparavant avec plusieurs personnes qui y travaillent. J’ai donc tout de suite pensé à cette entreprise pour ma formation. L’entretien d’entrée s’est très bien passé : j’ai pu expliquer mon intérêt pour le métier et ma motivation.


Comment se passe le rythme de ta formation, entre les cours et l’apprentissage en entreprise ?

Le rythme de l’alternance n’est pas régulier, la durée des sessions varie. Parfois je ne suis qu’une semaine en entreprise. Ce n’est pas assez long pour s’investir pleinement dans un chantier. De plus, ce n’est pas toujours facile de retourner à l’école après avoir été sur le terrain. Cela prend toujours du temps pour s’habituer de nouveau aux cours, il faut se replonger dans la théorie. Le terrain c’est plus sympathique, mais la théorie c’est important car elle permet d’apporter des bases solides en vue d’acquérir une bonne technique.
Dans le centre de formation, on est encadré par des formateurs, chacun s’occupant d’un petit groupe d’apprentis. A chaque session, on a une thématique, définie par nos formateurs, à aborder en entreprise. On doit réaliser des fiches techniques sur ces thémes, à rendre aux enseignants. Ces fiches sont notées et comptent pour l’évaluation en CCF (contrôle en cours de formation). Elles permettent de faire le retour sur ce qu’on a pu aborder pendant la période en entreprise. Les formateurs sont en lien avec l’entreprise par le biais du carnet de liaison, où les thèmes, les objectifs mais aussi les travaux réalisés dans l’entreprise sont indiqués.

Y a-t-il des travaux pratiques pendant les périodes en centre de formation ?
Oui bien sûr. Une matinée par semaine est consacrée aux travaux pratiques. C’est très diversifié, cela peut être du dallage, du pavage, de la création de massifs...
A part ça, on a aussi des cours de matières générales et des cours techniques de type agroéquipements, reconnaissance de végétaux, etc. On ne fait pas de visites d’entreprise ou de chantiers d’aménagement pendant la formation puisque la pratique est réalisée chez notre employeur.
En revanche, j’ai participé à un séjour de deux semaines en Italie, organisé par le centre de formation. J’ai pu travailler dans une entreprise d’aménagement d’espaces verts italienne. Heureusement, le patron parlait français, je n’ai donc pas été trop gêné par le problème de la langue. Découvrir des entreprises étrangères a été très enrichissant, on a pu voir d’autres modes de fonctionnement : on s’est rendu compte que chaque entreprise a ses propres méthodes de travail. On a ensuite pu les comparer avec celles que l’on voit dans nos entreprises.

Quel est ton salaire ?

Mon salaire est de 900 euros par mois mais il peut varier un peu selon les indemnités de déplacement et de repas.

Gardes-tu du temps pour tes activités personnelles ?
Bien sûr, je garde du temps pour le sport notamment. Je fais 2 à 3 entrainements de rugby par semaine. Cela me permet d’être en forme et entraîné : ça compte aussi pour notre métier car le travail est assez physique sur les chantiers.

Qu’envisages-tu après ta formation ?
Après mon Bac pro, je ne souhaite pas poursuivre mes études. J’ai envie de rentrer dans le monde du travail et, si je réussis mon Bac, j’espère être embauché par Gonthier Paysages.