Une inauguration qui répond à des enjeux de souveraineté industrielle
Un exemple de réindustrialisation porté par le dynamisme local
Le 11 décembre 2025, à Lempdes sur Allagnon en Haute Loire, a eu lieu l’inauguration d’une nouvelle usine du groupe Thebault leader français dans la fabrication de panneaux de contreplaqué (125 000m3) et de lamibois (LVL).
Le lamibois ou LVL est un produit constitué de plusieurs couches de feuilles de bois déroulé, collées entre elles, à l’instar du contreplaqué, mais sur des plus fortes épaisseurs lui permettant d’être utilisé en bois de structure. Le LVL est assemblé à partir de placages de Sapin Pectiné (Abies Alba), ressource abondante sur l’Auvergne, et destiné principalement au marché de la construction, en France et à l’international.
Cette implantation est une étape structurante, à la fois pour la souveraineté industrielle française, pour la vitalité économique de la Haute-Loire et pour l’avenir de la filière bois. En effet, la demande européenne en LVL atteint 6 millions de m³ par an, alors que l’offre actuelle plafonne à 2,5 millions. Ce déséquilibre crée une dépendance importante vis-à-vis de productions situées hors de nos frontières. Ce projet permet de donner de la valeur à la ressource très abondante mais peu valorisée des sapins de gros et très gros diamètres.
Avec 85 emplois directs et une installation de 25 000 m², le volume de production de ce site sera de 100 000 m³/an à terme.
Ce projet est un exemple de réindustrialisation française avec l’utilisation des ressources locales porté par le dynamisme de territoire rural. Il est la concrétisation d’une mobilisation collective avec la création d’une réserve foncière, des comités de pilotage mis en place par la préfecture avec le sous-préfet de Brioude, comités au sein desquels la DRAAF a pu analyser notamment l’état de la ressource disponible. Un soutien financier important de l’Etat– près de 24 millions d’euros via l’ADEME - a permis d’accompagner ce projet et de donner vie aux choix entrepreneuriaux du groupe Thebault qui a investi plus de 100 millions d’euros.
Le process industriel s’appuie sur la valorisation de bois de sapin souffrant des effets du changement climatique en alliant une contribution directe à la décarbonation du bâtiment, la reconstitution de la ressource forestière et la réduction de notre dépendance aux importations. Ainsi, ce modèle démontre que transition écologique et réindustrialisation ne sont pas deux objectifs concurrents, mais complémentaires.