Retour sur un projet innovant pour encourager les lycéennes dans les filières scientifiques et techniques
Plus de 750 jeunes sensibilisés et 58 femmes inspirantes mobilisées pour briser les stéréotypes de genre dans l’orientation.
Lutter contre les stéréotypes dans l’orientation
Après avoir répondu à un l’appel à projets régional « Les filles en sciences ? Évidemment ! » porté par la région Auvergne-Rhône-Alpes, le consortium composé de l’Anefa, l’Apecita, l’Inrae et la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes a eu à cœur de proposer à 7 établissements scolaires de l’Allier un projet innovant et dynamique compte tenu de la désaffection des sciences et techniques de la part des filles.
L’objectif était de démystifier ces secteurs auprès des jeunes filles et élargir leurs horizons professionnels, tout en impliquant les garçons dans la réflexion sur les stéréotypes de genre.
Le projet a ciblé plus de 750 élèves (principalement des classes de Seconde générale et technologique, mais aussi des Troisièmes et des Premières) dans des lycées de Moulins, Montluçon, Cusset et Yzeure.
Une approche originale et dynamique
Ce format s’appuie sur la mise en place d’un "World Café", avec des ateliers dynamiques animés par 58 femmes aux parcours variés (professionnelles, étudiantes, chercheuses).
En amont de ces rencontres, les élèves ont eu une séance de sensibilisation réalisée par les professeurs en s’appuyant sur un kit pédagogique incluant un quiz et des outils pour préparer les élèves à rencontrer des professionnelles.
Dans chaque établissement, le jour J, le world café s’est mis en place avec :
- 6 rotations de 20 minutes par groupe de 12 à 15 élèves,
- 8 îlots thématiques animés par des binômes de femmes (une professionnelle et une étudiante, quand cela était possible),
- Un débriefing final avec un questionnaire rempli par les élèves.
L’idée était de créer un effet de masse et une dynamique collective, tout en permettant des échanges personnalisés. Les retours montrent que les élèves ont été marqués par la diversité des parcours présentés, loin des clichés sur les métiers scientifiques.
Le bilan
Ce bilan dressé suite aux traitements des questionnaires remplis par les élèves montre :
- Une forte adhésion des élèves : un accueil globalement positif, avec un intérêt marqué pour les témoignages concrets.
- Une prise de conscience des stéréotypes : Les échanges ont permis de démonter des idées reçues sur les compétences "masculines" ou "féminines".
- Des vocations en germe : Si les réponses aux questions sur les métiers souhaités restent encore stéréotypées (médecin, infirmière, enseignante), certains métiers présentés pendant les ateliers (ingénieure, technicienne en énergie renouvelable, data scientist) ont émergé dans les réponses.
Les pistes d’amélioration pour la suite
Quelques pistes :
- Le format dynamique a permis un fort implication des jeunes. Pour autant, la durée est apparue comme trop longue. Passer de 3h à 2h max est nécessaire pour maintenir l’attention des élèves.
- Malgré le nombre d’intervenantes, le nombre d’élèves par groupe a pu dans certains cas dépasser les 15 personnes. Il faut donc limiter la taille des groupes pour favoriser les interactions.
- L’élargissement de la diversité des profils (hommes inclus) pour montrer que l’égalité dans les sciences concerne tout le monde est à envisager.
- Un questionnaire de satisfaction numérique permettrait de faciliter le traitement des données.
Quelques verbatim du corps enseignant :
- "L’enjeu n’est pas seulement de toucher les filles, mais aussi de faire évoluer les mentalités chez les garçons et les enseignants", souligne une professionnelle intervenue au lycée Paul Constans.
- "On note une légère évolution, mais le chemin est encore long", reconnaît un enseignant du lycée Madame de Staël à Montluçon. "Certains garçons se sont sentis moins concernés, car le projet était centré sur les filles. C’est un point à améliorer pour les prochaines éditions."